
L’ancien batteur David Warner s’en est pris aux affluences « pathétiques » lors de la série de Tests en cours entre l’Afrique du Sud et l’Australie. Le premier Test à Durban, remporté par l’Australie par 214 runs, s’est joué devant de larges sections vides à Kingsmead. Les tribunes ne se sont guère remplies lors des deux premiers jours, perturbés par la pluie, du deuxième Test à Gqeberha.
« On nous répète combien le Test cricket est important, mais où sont les supporters en Afrique du Sud ? », a écrit l’ancien ouvreur dans un message publié mardi sur les réseaux sociaux.
« Des tribunes vides, aucune ambiance, et on devrait croire que ce format se porte bien ? Vous ne pouvez pas continuer à présenter le Test cricket comme le sommet du jeu si personne ne vient le voir. C’est une dure réalité, mais quelqu’un doit le dire. Pathétique. »
Warner a été l’une des figures centrales du scandale du « sandpapergate », qui a dominé la dernière tournée australienne en Afrique du Sud, en 2018. Capitaine adjoint à l’époque, il avait été reconnu comme l’instigateur du plan visant à altérer l’état de la balle, et avait notamment expliqué à son partenaire d’ouverture Cameron Bancroft comment utiliser le papier de verre. Il avait écopé d’une suspension d’un an et appris qu’il ne serait plus jamais envisagé pour un poste de direction au sein de l’équipe.
Une « analyse interne approfondie » lancée sur la faible affluence
Après le premier Test de Durban, la fédération de cricket du KwaZulu Natal (KZNCU) a annoncé le lancement d’une « analyse interne approfondie » pour comprendre les raisons de tribunes aussi clairsemées. Le match n’a été rempli qu’à moins d’un cinquième de la capacité de Kingsmead sur les cinq jours, avec un peu moins de 20 000 spectateurs au total.
Ce Test était le premier de l’Afrique du Sud à domicile depuis janvier 2025, et le premier depuis son sacre de championne du monde des Tests.
« Un Test de cette qualité, avec les Proteas et l’Australie, méritait un soutien plus important dans les tribunes », a déclaré Heinrich Strydom, directeur général de la KZNCU, dans un communiqué. « Nous reconnaissons que les supporters font face à des contraintes de temps et d’argent, mais nous devons aussi mieux comprendre ce qui influence leur décision de venir et ce que nous pouvons faire pour que le cricket en direct soit une expérience attractive et qui en vaille la peine. »
« Nous allons y réfléchir en tant que fédération, à travers une analyse interne approfondie, et en tant que communauté du cricket. Nous devons écouter nos supporters, renouer avec nos communautés et continuer à chercher des moyens de rendre le Test cricket plus accessible, plus engageant et plus attrayant pour les familles et les amateurs de cricket de tous âges. »
Atherton : un « signe inquiétant »
Michael Atherton s’est montré critique envers l’affluence du premier Test, ou plutôt son absence, lors d’un podcast consacré au cricket.
« Le match a commencé un vendredi et s’est joué pendant le week-end. Ce sont les équipes numéro un et numéro deux mondiales, et le premier Test à domicile de l’Afrique du Sud depuis son titre de championne du monde », a-t-il expliqué. « Il y avait aussi tout le contexte du premier Test entre ces deux équipes en Afrique du Sud depuis la fameuse série de 2018 et l’affaire d’altération de la balle. Si vous ne parvenez pas à attirer du monde avec un tel contexte, c’est un signe inquiétant. »
Autre ancien capitaine de l’Angleterre, Nasser Hussain a ajouté : « Cela alimente le discours selon lequel le Test cricket est en train de mourir quand on voit ça et qu’il n’y a personne. Mais je ne pense pas qu’il soit en train de mourir. »
« Même en Inde, les stades ne sont parfois pas pleins. Au Pakistan, nous y sommes allés après je ne sais combien d’années [sans Tests à domicile], l’Angleterre était de retour et ce n’était pas complet. Mais les gens là bas se soucient profondément de leur équipe de Test. »
« Le problème de la lumière, et l’arrêt du jeu [pour mauvaise lumière] à 15h30 [le premier jour], je pense que c’est plutôt ça, le sujet de discussion. Que peut on faire pour que le fait d’être assis dans une tribune par une journée chaude soit une bonne expérience pour ceux qui ont payé ? Qu’ils soient encore là à 17h30 et non renvoyés chez eux à 15h30 à cause de la mauvaise lumière ? »
Un calendrier qui relègue les Tests aux marges
Pour la première fois, l’Afrique du Sud accueille des Tests dès le mois d’octobre en été, alors que les exigences croissantes du calendrier poussent les grandes affiches vers les périodes intermédiaires. La période traditionnelle des Tests sud africains s’étend de novembre à mars, mais la SA20 occupe la plupart de janvier et février, et l’IPL débute en mars. Les Tests se retrouvent ainsi relégués aux marges du calendrier.